L’ambiance était électrique hier soir lors de la célébration officielle du 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis. Dans un discours d’une rare véhémence, le chargé d’affaires américain, Henry T. Wooster, a exigé la tenue incontournable des élections générales en Haïti au cours de cette année 2026.
Ce coup de pression diplomatique s’est déroulé sous les yeux du Premier ministre de facto, Alix Didier Fils-Aimé, marquant un tournant brutal dans les relations entre Port-au-Prince et Washington.
Un geste fort qui jette le froid dans l’assistance
Selon les témoins de la scène, c’est le moment fort de la soirée : pour appuyer sa déclaration et signifier la fin de la récréation démocratique, Henry T. Wooster a littéralement frappé sa main sur la table. Ce geste de colère et de fermeté a instantanément figé la salle, provoquant des regards lourds et embarrassés parmi les invités.
L’humiliation politique ne s’est pas arrêtée là pour le chef du gouvernement haïtien. Contrairement aux usages diplomatiques habituels lors de tels événements, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé n’a pas été invité à prendre la parole. Réduit au rang de simple figurant, il a dû se contenter de participer aux sessions de photos officielles, au même titre que l’ensemble des autres convives.
La stratégie du silence du Premier ministre de facto
Dans les heures qui ont suivi la réception, la primature a tenté de sauver les apparences. Alix Didier Fils-Aimé a publié une photo de lui aux côtés du diplomate américain sur ses réseaux sociaux. Toutefois, le protocole a soigneusement omis de mentionner le recadrage du chargé d’affaires concernant l’obligation d’organiser le scrutin cette année.
Une source diplomatique de premier plan a confirmé à Métronome les dessous de cette passivité : le Premier ministre préférerait délibérément laisser passer le temps plutôt que de poser les actions concrètes nécessaires à la mise en place du processus électoral. Le message de Washington, lui, est clair : le statu quo n’est plus une option.




