La crise du TPS (Temporary Protected Status) pour les ressortissants haïtiens franchit un nouveau cap. Suite à une décision historique de la Cour suprême des États-Unis, le secrétaire du Département de la Sécurité intérieure (DHS), Markwayne Mullin, a fermement rappelé que cette protection reste une mesure temporaire.
Désormais, les bénéficiaires font face à une alternative claire : régulariser leur situation via d’autres voies légales ou quitter le territoire américain.
Fin du TPS : Quelles options de régularisation pour les Haïtiens ?
Lors d’une entrevue exclusive accordée à CNN, le secrétaire du DHS a invité les bénéficiaires haïtiens à explorer immédiatement les autres mécanismes prévus par la législation américaine sur l’immigration. Pour rester légalement aux États-Unis, plusieurs options s’offrent à eux, sous réserve d’admissibilité :
- Le dépôt d’une demande de visa américain standard.
- Une demande d’ajustement de statut (Green Card).
- La sollicitation d’autres programmes de protection ou d’asile spécifiques.
« Ils peuvent explorer ces différentes options, mais s’ils ne sont pas éligibles, ils devront quitter le pays », a déclaré Markwayne Mullin de manière catégorique.
Une aide au retour volontaire de 2 100 dollars proposée par le gouvernement
Face à l’échéance, le gouvernement américain tente d’encourager les départs à l’amiable. Le secrétaire du DHS a annoncé la mise en place d’un dispositif d’accompagnement pour les migrants choisissant le retour volontaire vers Haïti.
Ce programme de soutien au départ comprend :
- La prise en charge intégrale d’un billet d’avion.
- Une aide financière de 2 100 dollars américains pour faciliter la réintégration.
Interrogé par les journalistes sur l’éventualité d’une campagne imminente de déportations forcées à grande échelle, le responsable du DHS a refusé de fournir des précisions ou un calendrier précis.
La décision de la Cour suprême qui a tout changé
Ces déclarations s’inscrivent dans un contexte juridique tendu. Quelques jours plus tôt, la Cour suprême des États-Unis a donné le feu vert à l’administration du président Donald Trump pour démanteler le TPS accordé aux ressortissants haïtiens et syriens.
Par une majorité de 6 voix contre 3, la plus haute instance juridique américaine a suspendu les blocages imposés jusqu’alors par les juridictions fédérales. Cette décision permet au gouvernement de poursuivre la suppression du programme malgré les procédures et recours judiciaires encore en cours.
Plus de 350 000 ressortissants haïtiens plongés dans l’incertitude
Cette mesure choc menace l’avenir de plus de 350 000 Haïtiens (ainsi que 6 100 Syriens) installés aux États-Unis, pour qui le TPS constituait l’unique cadre légal pour résider et travailler depuis parfois plusieurs années.
Plusieurs organisations de défense des droits des migrants ont immédiatement exprimé de vives inquiétudes quant aux conséquences humanitaires de cette annulation. Elles rappellent avec insistance que la crise sécuritaire et humanitaire actuelle en Haïti est incompatible avec un retour massif de population.
Au Congrès américain, les élus démocrates continuent de se mobiliser en coulisses pour proposer des alternatives législatives visant à pérenniser la protection de la communauté haïtienne.




