Introduction
Alors que la violence des gangs continue de plonger Haïti dans une crise sans précédent, le Conseil de sécurité de l’ONU s’apprête à voter une résolution visant à déployer une force internationale plus offensive. Ce projet prévoit de remplacer la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MMSS), actuellement dirigée par le Kenya, par une mission élargie et mieux équipée.
Une MMSS sous-financée et limitée
Déployée depuis 2023, la MMSS ne compte aujourd’hui qu’environ 1 000 agents sur les 2 500 prévus. Faute de moyens financiers et logistiques, elle peine à enrayer la montée de la violence à Port-au-Prince et dans d’autres régions du pays.
Le nouveau projet, présenté au Conseil de sécurité, prévoit une mission élargie d’une durée d’un an avec :
- jusqu’à 5 500 membres, policiers et militaires,
- un mandat clair pour neutraliser les gangs armés,
- un bureau de soutien onusien pour assurer logistique et financement.
Des soutiens et des résistances diplomatiques
Le projet bénéficie du soutien actif des États-Unis et du Panama, mais suscite encore des réticences.
- La Chine conditionne son appui à des avancées politiques internes en Haïti.
- La Russie maintient ses réserves, comme lors du précédent vote sur la MMSS.
Ces divergences pourraient retarder la décision finale du Conseil.
Le Kenya réaffirme son engagement
Le Kenya, principal contributeur de la MMSS, a réitéré sa volonté de continuer son appui.
Le président kényan William Ruto a déclaré :
« Avec des moyens adaptés, la sécurité d’Haïti peut être rétablie. Le Kenya ne quittera pas Haïti dans la précipitation. »
Cette déclaration vise à rassurer la communauté internationale sur la détermination de Nairobi à rester un acteur clé du dispositif.
Une crise humanitaire alarmante
Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), la crise sécuritaire a déjà provoqué plus d’un million de déplacés internes.
Le vote attendu ce mardi pourrait donc marquer un tournant décisif : la mise en place d’une force internationale offensive, capable de s’attaquer directement aux gangs qui contrôlent une grande partie de la capitale haïtienne.
Conclusion
L’avenir de la sécurité en Haïti dépend désormais de la décision du Conseil de sécurité de l’ONU. Entre soutiens affirmés, résistances diplomatiques et attentes humanitaires urgentes, le déploiement d’une nouvelle force internationale pourrait être une étape cruciale pour restaurer la stabilité et redonner espoir à une population meurtrie par des années de violence.




