L’ordre mondial de ce début d’année 2026 est méconnaissable. En l’espace de deux mois, les États-Unis ont mené deux opérations de « décapitation » sans précédent. Après l’enlèvement du président Nicolás Maduro au Venezuela en janvier, c’est le Guide suprême iranien, l’Ayatollah Ali Khamenei, qui a trouvé la mort lors des frappes américano-israéliennes du 28 février 2026. Face à ces bombardements contre leurs alliés historiques, le silence militaire de la Chine et de la Russie interroge.
Un soutien diplomatique mais pas militaire
D’abord, la Russie, bien qu’alliée proche de Téhéran et de Caracas, est contrainte par ses propres limites. Engagée depuis quatre ans dans un conflit d’usure en Ukraine, Moscou n’a pas les capacités logistiques pour ouvrir deux nouveaux fronts. Ensuite, une intervention directe contre les forces américaines risquerait de déclencher une escalade nucléaire, une ligne rouge que Vladimir Poutine hésite à franchir.
De même, la Chine privilégie ses intérêts économiques. Pour Pékin, l’Iran et le Venezuela sont des fournisseurs d’énergie vitaux. Toutefois, une entrée en guerre paralyserait le commerce mondial. La stratégie de Xi Jinping consiste donc à condamner fermement ces attaques à l’ONU tout en évitant soigneusement toute confrontation armée avec Washington.
Le calcul du « piège » américain
Par ailleurs, les analystes suggèrent que Moscou et Pékin voient dans ces conflits un moyen d’épuiser les ressources des États-Unis. De plus, en restant en retrait, ils évitent le piège d’une guerre mondiale tout en renforçant leur image de puissances « raisonnables » face à un Washington jugé agressif.
Les conséquences de cette passivité :
- Livraisons discrètes : Envoi de systèmes de défense S-400 et radars.
- Guerre de l’information : Cyberattaques ciblées contre les intérêts US.
- Isolement diplomatique : Tentative de coalition mondiale contre l’hégémonie américaine.
En conclusion, si la Russie et la Chine ne tirent pas de missiles, elles activent leurs leviers asymétriques : cyberattaques et guerre économique. Toutefois, le risque d’une erreur de calcul menant à une conflagration mondiale n’a jamais été aussi élevé. Le monde de 2026 ne sera plus jamais le même.




