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Haiti transition: Consensus autour d’un pacte de Gouvernabilité. L’unité de la classe politique est-elle sincère ?

La scène politique haïtienne franchit une étape décisive avec le « Pacte de gouvernabilité » autour du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Alors que le mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a pris fin le 7 février 2026, ce document s’impose comme l’unique boussole politique actuelle. Le ralliement de la quasi-totalité de la classe politique à cet accord marque un tournant majeur, bien que surprenant.

Sécurité et élections : Les deux piliers du Pacte

Le contenu du texte place le rétablissement de la sécurité au sommet des priorités. L’objectif immédiat reste la neutralisation des gangs pour libérer les citoyens. Cependant, le pacte ne s’arrête pas là. Il fixe un cap clair vers la réalisation des élections générales. Pour y parvenir, le gouvernement prévoit :

  • La formation rapide d’un Conseil Électoral Provisoire (CEP) crédible.
  • La sécurisation des centres de vote sur tout le territoire.
  • Une réforme constitutionnelle pour garantir la stabilité des futurs élus.

Une classe politique entre intérêts et survie

Malgré l’adhésion massive des partis, la sincérité de cette union interroge. La capacité des acteurs politiques haïtiens à privilégier le bien national sur leurs propres intérêts reste à prouver. Historiquement, ces alliances servent souvent à protéger des privilèges personnels. Ce ralliement soudain autour de Fils-Aimé ressemble pour certains à une stratégie de survie politique plutôt qu’à un élan patriotique sincère.

L’ombre de Washington et de la communauté internationale

La proximité entre le Premier ministre et les États-Unis alimente toutes les spéculations. Durant les derniers mois, le CPT a tenté plusieurs fois de renverser Fils-Aimé. Ces manœuvres ont échoué grâce au soutien systématique de Washington. Cette protection diplomatique soulève une question : ce pacte résulte-t-il d’un dialogue souverain ou d’une pression internationale ? L’histoire montre que le soutien étranger est un moteur puissant mais controversé en Haïti.

Une chose est sûre, si le Premier ministre obtient ce soutien, la question de sa durée reste entière. L’épisode de son prédécesseur et le sort de l’ancien Premier ministre Ariel Henry rappellent une dure réalité. En Haïti, la stabilité est un mirage qui s’efface souvent dès que les intérêts partisans ou les pressions de la rue reprennent le dessus.

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