MIAMI – L’ex-sénateur John Joël Joseph a secoué le tribunal fédéral de Miami cette semaine. Durant quatre jours de témoignage, celui qui purge déjà une peine à perpétuité a livré un récit terrifiant sur les coulisses de l’exécution du président Jovenel Moïse, révélant des projets d’une barbarie insoupçonnée.
Un plan d’une cruauté absolue
L’élément le plus macabre de sa déposition concerne le sort initialement réservé à la dépouille présidentielle. Joseph a affirmé à la barre que Joseph Félix Badio avait suggéré de découper le corps du président et de le jeter à la mer. Cette volonté d’effacer toute trace physique témoigne de la violence extrême qui animait les comploteurs.
James Solages : Le « commandant en chef »
L’ancien parlementaire a désigné James Solages comme le véritable chef opérationnel. Selon lui, Solages dirigeait le commando avec une autorité absolue. Joseph affirme avoir été écarté des dernières réunions car il s’opposait au passage d’un plan d’arrestation à un projet d’assassinat.
C’est le 6 juillet au soir que le basculement est devenu irréversible. Joseph relate son choc en entendant que l’objectif était désormais de « tuer et brûler ». Il rapporte les paroles glaciales de Solages : « Une entrée, une sortie », signifiant une exécution sans survivants.
Un complot sans issue
Le témoignage a aussi mis en lumière l’amateurisme politique de l’après-crime. Après l’attaque, Solages aurait pressé Joseph d’escorter la juge Windelle Coq Thélot au Palais national. L’ex-sénateur dit avoir refusé, craignant d’être tenu responsable du massacre.
La crédibilité en jeu
La défense de Solages a tenté de discréditer le témoin, l’accusant de « dire n’importe quoi » pour obtenir une réduction de peine. « Je ne suis pas venu accuser, je suis venu dire la vérité », a rétorqué Joseph.
Ce témoignage, premier d’une série de coopérants, dessine le portrait d’un complot qui a muté en boucherie, plongeant Haïti dans un chaos dont les cicatrices restent béantes.




